Les mouches de fruits infestant le manguier, comment lutter contre ?

Nombreuses sont les espèces de mouches causant des dégâts chez les fruits et très peu d’entre elles sont perçues comme de véritables fléaux pour la filière des fruits en Afrique et moins encore celles qui s’attaquent au manguier.

les mouches des fruits infestant la mangue

Des fois considérée comme le maillon faible parmi les fruits, la mangue est un des fruits qui traditionnellement a été une source importante de devises pour l’ Afrique de l’Ouest et le Cameroun par le biais des exportations mais de plus en plus sujette à des attaques des mouches des fruits, des containers entiers de mangue en provenance d’Afrique sont saisis et détruits par incinération dans les ports et aéroports européens (cas spécifique du Cameroun en 2006 et 2007) causant un grave préjudice économique à de nombreux exportateurs et donc à la filière mangue, principal moteur économique du secteur horticole en Afrique de l’Ouest.

Étant donc une filière en pleine reprise d’intérêt au Cameroun comme le démontrent les chiffres qui estiment les pertes de la filière mangue à plus du milliard de Francs CFA pour l’année 2018, il est d’autant important de connaître les espèces les plus nuisibles et les méthodes appropriées pour lutter contre les mouches de fruits.

Les mouches de fruits : qui sont-elles ?

Les récentes études ont permises d’inventorier 9 espèces de diptères Tephritidae inféodées aux mangues dans les vergers parmi lesquelles les espéces Bactrocera invadens, Daucus punctifrons et Ceratitis cosyra sont les plus représentées. 

Le cycle de vie de la plupart des espèces de Tephritidae est similaire. La ponte se fait en général dans les mangues presque mûres, mais aussi dans les jeunes fruits tombés au sol après abscission. Le développement des larves ou asticots se fait à l’abri des traitements, dans la pulpe du fruit et cause des galeries qui serviront de portes ouvertes à des infections secondaires du fruit quand elles auront quitté le fruit.

Le développement des larves accélère la maturation des fruits qui se détachent et tombent. La transformation en pupe est entamée directement après la sortie de la larve du fruit. Les adultes, après émergence, chercheront rapidement à se nourrir afin d’initier une période de maturation sexuelle, de s’accoupler, puis de pondre et le cycle recommencera.

Les méthodes de lutte appropriées contre ces mouches 

Le dicton « prévenir vaut mieux que guérir » est opportun pour lutter contre les mouches de fruits car si les populations de mouches atteignent des niveaux trop élevés, aucune méthode de lutte ne sera réellement efficace et rentable. Ainsi, nous conseillerons les paysans d’accentuer les méthodes préventives de lutte intégrée qui permettront d’interrompre le cycle de développement des mouches des fruits. En effet, les méthodes de prévention vont en paire avec les différentes opportunités exploitées par les mouches afin de se proliférer, ces méthodes sont d’ordre cultural, biologique, mécanique et génétique.

Méthodes préventives
Les mouches des fruits peuvent proliférer en cas de:
Les actions appropriées
Présence prolongée sur le sol du verger de fruits tombés des arbres et  infestés par les larves (les larves vont terminer leur cycle dans le sol et ainsi créer des foyers d’infestation)
             Ramasser chaque jour les fruits tombés au sol. Évacuer rapidement du verger ces fruits et les détruire dans des fosses par incinération
                Aussi adopter un travail en surface du sol (dans les 10 premiers centimètres) permettant l’exposition des pupes au soleil et aux prédateurs tels que les oiseaux.
Présence dans le verger ou à proximité de plantes cultivées pouvant servir d’hôte alternatif aux mouches
            Éviter  de planter ou de garder dans les environs du lieu d’exploitation des manguiers des plantes hôtes dont les fruits sont attractifs pour les mouches (agrumes, goyaviers, papayers, melons). En cas d’impossibilités, on doit juste être rigoureux dans l’application des méthodes préventives comme le ramassage, le tri et la destruction sur ces parcelles horticoles que pour la mangue, étant donné que les mouches sont très polyphages.
Présence de plantes adventices (qui peuvent être des hôtes alternatifs)
              Effectuer un désherbage sous les arbres. Le désherbage permet de repérer et de ramasser facilement les fruits tombés.
Présence dans le verger de variétés tardives
             Le plus les variétés mises en place sont tardives, le plus les fruits est exposés aux attaques des mouches car le temps pris pour arriver en maturité est plus ou moins long. A cet effet, si les marchés le permettent, la mise en place des variétés plus précoces sera bénéfique car lorsque les fruits arriveront à maturité, les populations de mouches seront moins importantes et par conséquent moins exposés aux piqures.
Présence dans les parcelles ou au sein des moyens de transport de fruits infestés
       Trier les fruits et éliminer rapidement les fruits présentant les symptômes d’attaque par les mouches (consommation immédiate ou destruction)
         Éviter la dispersion des fruits attaqués des zones infestées vers les zones les moins infestées.

Aucun commentaire

Fourni par Blogger.