Lutte contre les ravageurs des feuilles et tiges du manioc

Les ravageurs du manioc sont des insectes, des acariens et des vertébrés. Les ravageurs attaquent et s’alimentent sur différentes parties des pieds du manioc. Certains s’alimentent sur les feuilles et les tiges tandis que d’autres se nourrissent sur les tiges et les racines.

Dans cet article, nous parlerons uniquement des ravageurs des feuilles et des tiges. Il est également important de savoir que le meilleur moyen de lutter contre ces ravageurs passe par une meilleure connaissance de ces derniers; pouvoir les identifier, connaitre leur mode d'action ainsi que les symptômes qu'ils occasionnent sur la plantes. Sans plus tarder, passons au vif du sujet.

Ravageurs des feuilles et tiges du manioc

Ravageurs des feuilles et tiges

Ce sont les cochenilles du manioc, l’acarien vert du manioc, le criquet puant et les aleurodes.

a) Cochenille du manioc

Phenacoccus manihoti apparait sur les extrémités des tiges de manioc, la face inférieure des feuilles et les tiges. Ces insectes se couvrent d’une sécrétion abondante de cire blanche. Elles sont caractérisées par l’absence d’ailes, une couleur rose, une forme ovale et de très courts filaments corporels. Deux autres types de cochenilles s’attaquent au manioc. Il s’agit de la cochenille verte, Phenacoccus madeirensis, et de la cochenille à raies, Ferrisia virgata. Ces cochenilles ne doivent pas être confondues avec la cochenille du manioc.

La cochenille verte est d’un blanc verdâtre. Elle n’est pas rose. La cochenille à raies se rencontre surtout à la surface de la tige de manioc. Elle possède deux longs filaments postérieurs, et deux raies noires le long de la surface dorsale du corps. Elle produit des fils de substance blanche qui sont plus longs que ceux de la cochenille du manioc. La cochenille verte est plus fréquente sur le manioc que la cochenille à raies.

Symptômes des dégâts : 

La cochenille du manioc pique et suce la sève des feuilles et des extrémités des pousses du manioc. La longueur des entre-nœuds se raccourcit et les feuilles se mettent en touffe donnant un aspect buissonnant ou “bunchy top”. En outre, le ravageur déforme la tige, dessèche les feuilles et finit par défolier les pieds de manioc en cas d’infestation particulièrement grave. 


Reproduction : Les populations de la cochenille du manioc sont toutes femelles. L’insecte pond sans accouplement. Pour cette raison, un seul insecte peut déclencher une infestation sévère. Des amas d’œufs jaune d’or peuvent être observés au sein des colonies du ravageur. Les populations d’insectes sont plus nombreuses en saison sèche qu’en saison pluvieuse.

Mode de propagation : 


Les cochenilles fraîchement écloses sont minuscules, légères et peuvent être facilement soufflées par le vent d’une plante à une autre. Elles survivent également sur les tiges et se transmettent par les boutures transportées par les cultivateurs.

b) Acarien vert du manioc

Apparence : L’acarien vert du manioc, Mononychellus tanajoa, vit sur la face inférieure des jeunes feuilles de manioc. Les acariens sont de très minuscules créatures non ailées qui, à l’œil nu, apparaissent comme des taches. En plein champ, vous pouvez les voir plus clairement à l’aide d’une loupe de poche. Vertes au départ, les nymphes (acariens immatures) prennent par la suite une coloration jaunâtre. Les acariens rouges s’attaquent également au manioc, en général aux feuilles plus mûres. Elles sont peu courantes et ne présentent pas de sérieux dégâts.

Symptômes des dégâts :

L’acarien vert du manioc suce la sève des feuilles et des extrémités des tiges de manioc. Il est responsable des toutes petites taches chlorotiques jaunes que l’on observe, comme des piqûres d’aiguille, sur la face supérieure de la feuille. Les taches chlorotiques de l’acarien vert ne doivent être confondues avec les plages chlorotiques de la mosaïque du manioc. Les jeunes feuilles attaquées par l’acarien vert deviennent plus petites et plus étroites. Le ravageur détruit les feuilles terminales qui tombent, donnant aux extrémités des pousses un aspect de “cierge”. Les dégâts sont plus sévères en saison sèche.


Reproduction : La population de l’acarien vert du manioc comprend les œufs, les nymphes et les adultes mâles et femelles. L’oviposition chez ce ravageur est précédée par l’accouplement.

Mode de propagation :

L’acarien vert est une toute petite créature légère, facilement transportée par le vent d’une plante à une autre. Il survit également sur les tiges et se transmet par les boutures transportées par les paysans.


c) Le criquet puant


Apparence : Les adultes du criquet puant, Zonocerus variegatus, sont verts avec des taches jaunes, noires, blanches et orange. Les nymphes sont noires avec du jaune sur le corps, les pattes, les antennes et les ailes. Les jeunes nymphes se rassemblent massivement sur les adventices et les plantes basses.

Symptômes des dégâts :


Le criquet puant mâche les feuilles, les pétioles et les tiges vertes du manioc. Il défolie les pieds de manioc et débarrasse les tiges de leur écorce. Les dégâts du ravageur sont plus courants sur les pieds plus âgés que sur les jeunes pieds de manioc. Ils sont plus graves en saison pluvieuse qu’en saison sèche. 

Reproduction : Après l’accouplement, les femelles du criquet puant déposent, juste en dessous de la surface du sol, plusieurs oothèques ressemblant à de toutes petites coques d’arachide. Les sites de ponte abritent toujours une végétation qui ombrage le sol et le maintien humide et léger, donc convenable pour l’oviposition. Souvent proches des champs de manioc, ces sites sont de dimensions réduites. Dans la plupart des régions d’Afrique occidentale et centrale, les criquets adultes apparaissent en grands nombres dans ces sites, généralement entre mars et mai. L’éclosion des œufs commence au début de la grande saison sèche, d’habitude en octobre et en novembre.

Mode de propagation :

Les criquets puants se répandent en volant d’un champ à un autre. Cependant, l’insecte ne parcourt pas de longues distances. Il se propage plus vite sur les terrains défrichés que dans les zones à végétation dense.

d) Les aleurodes

Apparence : Les adultes de l’aleurode, Aleurodicus dispersus, sont de couleur blanche claire. Les adultes et les nymphes de l’insecte apparaissent en masse sur la face inférieure de la feuille de manioc où elles sont couvertes d’une abondante sécrétion cireuse. 

Symptômes des dégâts :

En se nourrissant de la sève des feuilles de manioc, l’aleurode sécrète d’importantes quantités de miellat qui favorisent le développement de moisissures charbonneuses sur la plante. Les feuilles noircies s’assèchent et tombent.


Reproduction : Après l’accouplement, les femelles de l’aleurode pondent sur la face inférieure des feuilles. Les œufs se présentent, comme des empreintes digitales, en spirales de matière blanche déposées sur la feuille. Les populations de ravageurs sont particulièrement abondantes en saison sèche.

Mode de propagation :

L’aleurode se propage par vol actif et par le transport du matériel de plantation.

Autres cultures attaquées : En plus du manioc, l’aleurode se nourrit sur plusieurs types d’arbres fruitiers (par exemple les agrumes, les bananiers et les plantains), les légumes et les plantes ornementales.

e) La mouche blanche Bemisia

Apparence : Les adultes de la mouche blanche, Bemisia tabaci, ont des ailes blanc clair semblables à celles de l’aleurode. Toutefois, la mouche blanche est plus petite que l’aleurode et ne se couvre pas de matière blanche. Les adultes et les nymphes se retrouvent sur la face inférieure des jeunes feuilles. Les nymphes apparaissent, à l’œil nu, comme des taches ovales jaune pâle.

Symptômes des dégâts :

Les mouches blanches Bemisia sucent la sève des feuilles sans causer des dommages physiques à la plante. En s’alimentant, les insectes inoculent des virus à la plante qui attrape la mosaïque du manioc. C’est pour cette principale raison que l’insecte passe pour un important ravageur du manioc.

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