Comment cultiver le bananier plantain de manière intensive

Au Cameroun, le bananier plantain est traditionnellement cultivé de manière extensive en association avec d’autres cultures vivrières mais peut se faire en intensive pour un meilleur rendement et l'optimisation de la rentabilité. Il peut être consommé sous plusieurs formes : bouillis, frites, chips, rôti etc. C’est une plante qui aime le climat chaud et humide avec une insolation adéquate pour un meilleur remplissage des fruits. Voici pour vous une fiche technique ou encore itinéraire technique qui vous permettra de réussir dans la culture du bananier.

Cameroun : Culture du Bananier Plantain

Fiche technique Banane Plantain ( Culture du Bananier-plantain )


Quelles sont les conditions écologiques requises pour la culture du Bananier-plantain

La croissance du bananier plantain est ralentie par les températures en dessous de 25°C -   30°C. Ce ralentissement est d’autant plus marqué que ces températures sont plus basses et se rapprochent de 14°C - 15°C. En altitude supérieur à 400 m, les cultures accusent de manière générale une baisse de poids des régimes (1 à 2 kg/100m) et donc une diminution de la production. La culture intensive stricte est conseillée lorsqu’on est en deçà de 400m d’altitude. Dans les régions où cette culture est possible, il tombe 1500 mm de pluies/an. L’idéal situant entre 2000 et 3000 mm bien repartis toute l’année. La durée du cycle varie de 10 à 15 mois.

Parmi les dix provinces du Cameroun, celles qui présentent les conditions les plus favorables à cette culture sont le sud-ouest, le centre, le sud, le littoral et l’est.

Comment choisir un bon terrain pour la culture du bananier-plantain

Le terrain doit être d’accès facile, plat ou de faible pente, profond, riche en matière organique (plus ou moins noir), sablo-argileux, bien drainé, très ensoleillé, bien abrité contre les vents violents pour éviter les dégâts dans la plantation. Les terrains inondés, mal aérés (compacte, gorgée d’eau) sont à éviter.

Comment se fait la préparation du terrain ?

Elle doit se faire avant l’arrivée des pluies, entre décembre et mars. Les opérations de préparation de terrain se résument au défrichement, l’abattage systématique de tous les arbres, le tronçonnage et l’andainage, le piquetage et la trouaison.

Le piquetage de la parcelle :

Il consiste à matérialiser les emplacements pour la trouaison avec des piquets. Il se fait suivant les écartements qui varient en fonction des variétés, du degré de fertilité du sol et des systèmes de culture.

En culture pure, les écartements de 3 m x 2 m (3 m entre les lignes et 2 m entre les plants) ou de 3,2 m x 2 m sont respectés soit une densité de 1550 plants/ ha. En ligne double ou jumelée (1,8 x 2 m x 3,6 m), on a une densité de 742 plants/ha.
En culture associé, les écartements sont de 4 m x 4 m, soit 525 plants/ha et permet d’exploiter les espaces entre les pieds de bananier au premier cycle et de construire ensuite la plante à 4 porteurs au second cycle.

Les écartements de 4 m x 2 m soit 1250 plants/ha permettent de cultiver d’autres cultures vivrières comme le maïs de manière permanente entre les lignes de bananier plantain.

La trouaison :

Elle doit se faire peu de temps avant la mise en terre des rejets pour éviter le remplissage des trous en cas de pluies importantes. Pendant la trouaison, il faut prendre soin de ne pas mélanger la terre de surface plus noire et riche en matières organiques et celle du fond du trou généralement plus rouge ou beaucoup moins sombre. Un bon trou doit avoir une longueur, une largeur et une profondeur appropriées pour permettre une croissance optimale du plant. Il doit aussi tenir compte du type de matériel à planter (rejet, PIF, souche à rejet ou à œilleton etc…)

Les dimensions de 40 cm x 40 cm x 40 cm sont recommandées pour les rejets baïonnettes ou les PIF. Celles de 50 cm x 50 cm sont conseillées pour les souches à rejets ou à œilleton.

Choix du matériel végétal

Il faut surtout utiliser les rejets baïonnette qui ont des feuilles étroites de moins de 10 cm de largeur avec un bulbe bien formé. Les rejets chou (petits rejets à feuilles ouvertes) seront systématiquement éliminés. Un bon rejet a un bulbe gros, sans galeries avec une couleur blanche lorsqu’on le blesse. Le choix du rejet doit également se faire en fonction des goûts et préférences du consommateur ou de la demande sur le marché. Les variétés les plus cultivées sont :

  • Les frenchs (doigts courts et nombreux, parfois plus de 10 mains)
  • Les faux cornes (3 à 6 mains, doigts très longs et gros)
  • Les vraies cornes (1 à 3 mains, doigts très longs et très gros (parfois jusqu’à 50cm)
Les types french sont plus productifs et sont préférés par rapport aux types cornes.

Comment se fait la préparation du matériel végétal ?


  • Le matériel végétal utilisé pour la replantation doit être arraché avec précaution pour réduire les blessures.
  • Il faut éliminer les rejets présentant les bulbes de mauvaises qualités (galeries de charançons, attaque forte de nématodes)
  • Faire un parage à la machette en coupant toutes les racines au ras du bulbe,  rejeter le matériel douteux
  • Faire le pralinage, c’est-à-dire tremper le bulbe dans un mélange de boue et d’un nématicide et laisser sécher avant la mise en place.

La mise en place du bananier plantain


  • La mise en place doit être réalisé au début de la saison des pluies, éviter les périodes trop sèches ou trop pluvieuse.
  • La terre noire de surface, mélangée à un insecticide ou un nématicide est placée la première au fond du trou. Ce trou doit être rebouché jusqu’à 10 cm environ en dessous de la surface du sol.
  • Enterrer le rejet ou bulbe de bananier au centre du trou jusqu’à 8-10 cm au dessus du collet (ne jamais dépasser 10cm en orientant leurs cicatrices dans la même direction, cela facilitera les opérations d’entretien et de tuteurage.
  • Tasser le sol autour des plants en utilisant la totalité de la terre, épandre un insecticide ou un nématicide à la surface du trou et le mêler au sol par un léger binage.

Comment entretenir une bananeraie ?


Lutte contre les mauvaises herbes

Le désherbage peut être réalisé :

  • A la machette (bon marché, mais durée d’efficacité courte). Entasser ces herbes en couronne (en cercle) autour des plants, elles vont pourrir et fertiliser le bananier.
  • Avec des herbicides (coûteux, mais dure plus longtemps). L’application doit se faire quand les mauvaises herbes ont entre 10 et 20 cm. Si elles sont plus hautes, il est nécessaire de les couper à la machette, l’herbicide sera appliqué à la repousse. On doit prendre précaution pour qu’elle ne touche pas le bananier.

L’œilletonnage :

C’est le fait d’enlever tous les rejets en excès, considérés comme parasites. Ceci doit se faire tous les deux mois. Il permet d’éviter la  compétition entre les rejets pour  les réserves du sol afin d’obtenir une production élevée de très beaux régimes. On doit donc supprimer un nombre important des rejets émis par les souches. Seuls les rejets destinés au remplacement des tiges ayant produit seront conservés. Il faut noter qu’à la floraison de la plante mère 10 mois après plantation, il y’a déjà un autre plant de bananier prête à la succéder, donc un nouveau plant à chaque nouvelle floraison.
En culture associée (4 m x 4 m) : après floraison, conserver 4 rejets successeurs bien repartis autour du pied mère. Ceci permet d’augmenter par unité de temps et d’étaler la récolte des régimes.
En culture pure : après floraison, pratiquer l’œilletonnage de choix du rejet le plus vigoureux et le mieux placé sur la ligne d plantation. Détruire tous les autres rejets par coupe ou arrachage en laissant un rejet successeur. Les rejets supprimés peuvent servir de matériel de replantation.

Le toilettage ou l’enlèvement :

Le toilettage ou l’enlèvement des vielles feuilles, des feuilles sèches sur le plant de bananier, ne pas couper les feuilles vertes qui représentent les « marmites » chez la plante car siège de la photosynthèse. En coupant les feuilles vertes, vous aurez  à la récolte des régimes de petites tailles, chétifs.

Quels sont les soins à apporter aux régimes ?


  • Pratiquer le tuteurage dès la formation du régime.
  • C’est une pratique importante pour éviter que la plante tombe sous l’effet du vent. Pour cette opération, on peut soit utilisé les bambous de chine, soit les bambous raphia.
  • Supprimer le bourgeon mâle 7 à 10 jours après la sortie de la dernière main et à environ 20 cm de celle-ci.

Comment fertiliser le bananier plantain ?

Le bananier plantain est une culture qui épuise fortement le sol. Il répond très bien aux apports de matières organiques. Il faut cependant les apporter en période de pluies et ne pas les épandre tout près de la plante. Un complément de fumure minérale peut être fourni en fonction du type de sol et de l’apport des résidus organiques. Le bananier est une plante qui aime l’azote et plus, la potasse. L’engrais composé bananier est de type 12-06-26 et est apporté à la dose de 1 à 2 kg par bananier par an en 3 ou 4 fois pour réduire les pertes par lessivages dus à l’action des pluies. On apporte généralement en une fréquence,

  • 100g à 200g d’azote
  • 50g à 80g d’acide phosphorique
  • 200g à 400g de potasse

L’engrais est épandu en couronne, entre 1 m et 1,5 m autour des bananiers, et enfoui immédiatement par binage. L’apport de fumure organique, du compost à forte dose (10 à 20 tonnes/hectare) est fortement conseillé lors de la plantation, soit 100 à 200 sacs de 100kg).

La densité moyenne étant de 1200 plants/ha (4 m x 2 m ou 3 m x 3 m), il faut 10 à 20 kg du compost ou des déjections animales par plant de bananier. Utilisez de préférence la fiente de poule.

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